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Les intérêts composés, sans mystère

Tout le monde en a entendu parler, peu de gens en ont vu le mécanisme de près. Ce n'est pas une formule magique : c'est une simple multiplication répétée, dont l'essentiel se joue à la fin.

Le principe tient en une phrase

Les intérêts composés, ce sont les intérêts qui rapportent des intérêts. Vous placez 1 000 €. À 7 %, la première année vous rapporte 70 €. La deuxième année, les 7 % ne portent plus sur 1 000 € mais sur 1 070 € : elle rapporte 74,90 €. L'écart paraît dérisoire. Il ne l'est plus du tout au bout de trente ans.

C'est toute la différence avec l'intérêt simple, où seul le capital de départ travaille. Sur trente ans à 7 %, l'intérêt simple transforme 1 000 € en 3 100 €. L'intérêt composé en fait 7 610 €. La formule est la même à chaque fois :

capital final = capital initial × (1 + taux)^nombre d'années

Cet exposant est le seul point qui compte vraiment. Un taux entre dans le calcul une fois ; la durée y entre autant de fois qu'il y a d'années.

Pourquoi la durée écrase le montant

La conséquence est contre-intuitive, et c'est elle qui rend le sujet intéressant : commencer tôt pèse davantage que verser beaucoup.

Prenons deux personnes qui visent la retraite à 65 ans, avec le même rendement de 7 % par an.

ProfilVersePendantTotal verséÀ 65 ans
Commence à 25 ans150 € / mois40 ans72 000 €≈ 371 000 €
Commence à 40 ans300 € / mois25 ans90 000 €≈ 235 000 €

La seconde personne verse 25 % de plus et finit avec 37 % de moins. Quinze années d'avance ont fait davantage que 18 000 € de versements supplémentaires. C'est le seul argument sérieux en faveur du fait de commencer, même petit, même mal.

La règle des 72. Pour savoir en combien d'années un capital double, divisez 72 par le taux. À 7 %, il double en un peu plus de dix ans. À 3 %, il lui en faut vingt-quatre. C'est une approximation, mais elle est très proche du vrai.

Ce que trente ans de marché montrent réellement

Les exemples ci-dessus supposent un rendement régulier. Le marché, lui, ne l'est jamais. C'est le point que les simulateurs escamotent le plus souvent.

Sur la période 1995–2025, l'indice MSCI World a rendu 8,46 % par an en moyenne géométrique : 100 investis au début de 1995 valaient environ 1 241 fin 2025, dividendes nets réinvestis, en dollars. Un rendement remarquable — obtenu en traversant huit années négatives sur trente et une, dont un recul de plus de 40 % en 2008.

Autrement dit : le taux moyen n'a jamais été le taux d'une seule année. Personne n'a gagné 8,46 % en 2008. La moyenne est le résultat, pas le chemin.

Deux effets que la formule ignore. D'abord l'inflation : 7 % de rendement avec 2 % d'inflation, ce sont environ 4,9 % de pouvoir d'achat gagné, pas 5 % — et l'écart se compose lui aussi. Ensuite l'impôt : selon le pays où vous résidez, la même performance brute laisse entre 100 % et 59 % du gain. C'est l'objet de notre comparatif fiscal européen.

Les trois erreurs qui cassent le mécanisme

1. Interrompre. Vendre après une baisse ne fait pas que réaliser la perte : cela remet l'exposant à zéro. Un portefeuille sorti du marché pendant les dix meilleures séances d'une décennie perd une part disproportionnée de sa performance, parce que ces séances suivent presque toujours les pires.

2. Payer trop de frais. Des frais annuels de 2 % au lieu de 0,2 % ne coûtent pas 1,8 % : ils se composent en sens inverse. Sur trente ans, ils absorbent une part considérable du capital final. C'est la raison d'être des ETF indiciels, dont les frais courants vont de 0,07 % à 0,40 % par an.

3. Oublier la fiscalité de son pays. Un impôt annuel sur l'encours — comme aux Pays-Bas ou en Suisse — ne se compare pas à un impôt prélevé une fois à la sortie, même à taux apparent plus élevé. Le premier ampute la base qui se compose, chaque année.

Faites le calcul sur votre cas

Les moyennes n'ont d'intérêt que rapportées à une situation réelle. Le calculateur de Cumulo prend votre capital de départ, vos versements, votre horizon et votre pays de résidence, puis affiche le résultat net d'impôt et d'inflation — ainsi que la part du capital final qui vient des versements et celle qui vient des intérêts.

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Questions fréquentes

Quelle est la formule des intérêts composés ?

Capital final = capital initial × (1 + taux)^nombre d'années. Avec des versements réguliers, on ajoute la somme des versements composés sur leur propre durée restante. Le taux entre une fois dans le calcul, la durée autant de fois qu'il y a d'années : c'est pourquoi l'horizon pèse plus lourd que le montant.

Combien rapportent 10 000 € placés pendant 20 ans ?

À 7 % par an, 10 000 € deviennent environ 38 700 € en vingt ans, avant impôt et inflation. À 5 %, environ 26 500 €. À 3 %, environ 18 100 €. L'écart entre ces trois résultats est bien plus large que l'écart entre les taux eux-mêmes : c'est l'effet de l'exposant.

Qu'est-ce que la règle des 72 ?

Elle donne le temps de doublement d'un capital : divisez 72 par le taux annuel. À 6 %, un capital double en douze ans environ ; à 8 %, en neuf ans. C'est une approximation très proche du calcul exact pour des taux compris entre 2 % et 12 %.

Les intérêts composés fonctionnent-ils aussi quand le marché baisse ?

Le mécanisme est le même, mais il joue en sens inverse : une baisse de 50 % exige une hausse de 100 % pour revenir au point de départ. C'est pour cette raison que la durée et la régularité comptent davantage que le fait d'entrer au bon moment.

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