La taxe belge sur les plus-values, expliquée
Depuis le 1er janvier 2026, la Belgique taxe les plus-values sur actifs financiers. Le taux est de 10 %, une franchise annuelle protège les patrimoines modestes, et seule la plus-value constituée à partir de 2026 est concernée.
Ce qui change, en trois points
La Belgique était l'un des derniers pays d'Europe occidentale à ne pas imposer les plus-values mobilières d'un particulier. Ce n'est plus le cas depuis le 1er janvier 2026.
1. Un taux de 10 %. Il frappe les plus-values réalisées sur les actifs financiers : actions, fonds, ETF, obligations, or et cryptomonnaies. C'est un taux nettement inférieur à celui de la plupart des pays voisins — 30 % en France, 26 % en Italie, 28 % au Portugal.
2. Une franchise de 10 000 € par personne et par an. En dessous de ce montant de plus-value annuelle, rien n'est dû. Pour un couple, la franchise s'applique à chacun. La part non utilisée est reportable à hauteur de 1 000 € par an, le plafond atteignant 15 000 € après cinq années de report.
3. Seuls les gains postérieurs à 2026 comptent. C'est le point le plus important, et le plus rassurant pour qui investit depuis longtemps : la valeur du portefeuille au 31 décembre 2025 sert de point de référence. Tout ce qui a été gagné avant cette date échappe à la taxe.
Un exemple chiffré
Prenons un investisseur qui vend en une seule fois, après plusieurs années, avec une plus-value post-2026 de 40 000 €.
| Étape | Montant |
|---|---|
| Plus-value réalisée depuis 2026 | 40 000 € |
| Franchise annuelle déduite | − 10 000 € |
| Base imposable | 30 000 € |
| Taxe due (10 %) | 3 000 € |
| Taux effectif sur le gain total | 7,5 % |
Le taux effectif est inférieur au taux nominal, et il l'est d'autant plus que le gain est modeste. Sur une plus-value de 10 000 €, il tombe à zéro.
Remarquez aussi ce que suggère la franchise annuelle : quatre ventes de 10 000 € étalées sur quatre années coûtent moins qu'une vente unique de 40 000 €. La structure de la taxe récompense l'étalement des sorties.
Ce que la taxe ne remplace pas
La nouvelle taxe s'ajoute aux prélèvements qui existaient déjà. Un investisseur belge en supporte trois, à trois moments différents.
À l'achat et à la vente : la taxe sur les opérations de bourse (TOB). Elle frappe chaque transaction, et son taux dépend du type de fonds et de son enregistrement en Belgique — l'écart entre les catégories est important. Votre courtier la prélève automatiquement ; le document d'information du fonds et le tarif du courtier indiquent le taux applicable.
Chaque année : le précompte mobilier sur les dividendes distribués. 30 % sur les dividendes qu'un ETF distribuant verse à ses porteurs. Un ETF capitalisant ne distribue rien : il réinvestit les dividendes à l'intérieur du fonds, et aucun précompte n'est prélevé au passage. Cette différence, longtemps l'argument central en Belgique, garde tout son poids. Nous la détaillons dans capitalisant ou distribuant.
À la sortie : la taxe sur les plus-values de 10 %. C'est la nouveauté de 2026.
Faut-il changer de stratégie ?
Le réflexe naturel est de se demander s'il faut vendre, arbitrer, ou déplacer son épargne. Trois observations, sans conseil personnalisé.
D'abord, 10 % reste un taux bas à l'échelle européenne. Un investisseur belge conserve, après impôt, davantage qu'un Français, un Italien, un Portugais ou un Irlandais dans la même situation. Le comparatif complet est ici : fiscalité des ETF, dix pays comparés.
Ensuite, la taxe ne frappe qu'à la réalisation. Tant que vous ne vendez pas, la totalité du capital continue de se composer — contrairement au régime néerlandais, qui prélève chaque année quoi qu'il arrive.
Enfin, l'antériorité est protégée. Un portefeuille constitué avant 2026 conserve intacte la plus-value accumulée jusqu'au 31 décembre 2025. Vendre par anticipation pour « échapper » à la taxe ne protège donc rien qui ne le soit déjà — et déclenche des frais et une sortie du marché bien réels.
Questions fréquentes
Quel est le taux de la taxe belge sur les plus-values en 2026 ?
10 % sur les plus-values réalisées sur actifs financiers : actions, fonds, ETF, obligations, or et cryptomonnaies. Une franchise de 10 000 € par personne et par an s'applique avant ce taux, ce qui rend le taux effectif inférieur à 10 % pour la plupart des portefeuilles.
Les gains réalisés avant 2026 sont-ils taxés ?
Non. Seule la plus-value constituée à partir du 1er janvier 2026 entre dans la base imposable. La valeur du portefeuille au 31 décembre 2025 sert de point de référence : tout ce qui a été gagné avant cette date échappe à la taxe.
Comment fonctionne la franchise de 10 000 € ?
Elle s'applique par personne et par année civile : en dessous de 10 000 € de plus-value réalisée dans l'année, rien n'est dû. La part non utilisée est reportable à hauteur de 1 000 € par an, le plafond atteignant 15 000 € après cinq ans de report. Pour un couple, chacun dispose de sa propre franchise.
Les ETF capitalisants échappent-ils à la taxe belge ?
Non : la plus-value est taxée à la vente, quel que soit le type d'ETF. En revanche, un ETF capitalisant ne verse pas de dividende et évite donc le précompte mobilier de 30 % qui frappe chaque distribution d'un ETF distribuant. L'avantage porte sur le précompte, pas sur la taxe sur les plus-values.
Faut-il vendre avant que la taxe s'applique ?
La taxe est déjà en vigueur depuis le 1er janvier 2026, et l'antériorité est protégée : les gains antérieurs ne sont pas visés. Vendre par anticipation ne protège donc pas un gain qui l'est déjà, mais entraîne des frais de transaction et une sortie du marché bien réelles.
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